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raphie68800
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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 00:09 (2008)    Sujet du message: un autre article Répondre en citant

moi j'avais les larmes aux yeux c'est un peu long mais dites moi ce que vous en pensez :

"Dans les cliniques daccouchement du monde occidental, il ny a guère despoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort quil veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il ny a aucun mouvement (pour la première fois depuis lorigine de son existence physique , depuis des millions dannées de son évolution ou de sa félicité éternelle dans lutérus). Le seul bruit quil puisse percevoir, ce sont les hurlements dautres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pour lui. Il hurle et hurle tant quil peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à lair sépuisent sous le poids de ce cur désespéré.
Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose quil puisse faire : il continue de hurler.

A la fin il sendort, à bout de forces toute une vie plus tard, hors du temps. Il séveille dans langoisse inconsciente du silence, de limmobilité. Il pleure.

Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, dimpatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusquà ce que le bruit remplisse son crâne, quil soit prêt à éclater. Il crie jusquà ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu.

Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots saffaiblissent puis sarrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête dun côté puis de lautre. Rien ny fait. Cest insupportable. Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il sarrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de dé&sir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il sarrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable despérer. Il écoute. Puis il se rendort.

Brusquement on le soulève ; lattente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau détoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, cest encore comme sil ny avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il ny a pas de souvenir conscient, pas trace despoir.
Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans limmobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelquun dont on présume quil lapportera. Pour le cas extrême qui se présente, le continuum na pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense.

Depuis quelques heures à peine quil respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré daliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver.

Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon lattente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie. Toute sa nature se fonde sur lidée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent dune part comme de lautre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira lun comme lautre.

Quelquun vient et le soulève délicatement. Le bébé sanime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. Maintenant il se sent à la bonne place. Toute langoisse mortelle quil vient de traverser nexiste plus. Il est couché dans des bras qui lentourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec létoffe, rien qui annonce la proximité dune chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est létat normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il ny a que létoffe et lodeur (sa mère met de leau de Cologne) qui font quil manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence.

Au réveil, il est de nouveau dans lenfer. Pas de souvenir, pas despoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le désert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère.
Des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il sendort. Il séveille et mouille ses couches.

Maintenant il nen éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand lurine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements lépuisent, avant quil sendorme à nouveau. dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes quils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelquun qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira.

Lorsquon lemmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de lexistence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière quil sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux quil peut émettre et pleine de souffrance. Mais il ny a pas encore renoncé. Tant quil y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. La maison ne se différencie guère de la clinique daccouchement, si ce nest pour lirritation de la peau.

Les heures où il est éveillé, lenfant les passe dans la nostalgie, le désir et linlassable attente de létat adéquat qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin quon le porte et quon le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé. Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubrations, se sont décidées à autoriser à lenfant l ... à leur sein. Elle aime dune tendresse encore jamais connu.

Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce quil hurle si désespérément. Mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue quelle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle sest donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé. Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans langle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que lon a coupées, parce que la maman aime aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé dun drap brodé et dune couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On na rien négligé pour que laménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore sacheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces.

Elle se penche sur lenfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté lemporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si lon torturait quelquun. Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que lon torture quelquun quand ce nest pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et sen va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre quen réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement.

Il séveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup dil par la porte pour sassurer quil est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que lattention quelle lui manifeste néveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé si jamais il lui arrivait quelque chose .

Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui nont aucun sens, provenant dun monde lointain. Près de lui, tout est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsquil les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste."
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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 00:09 (2008)    Sujet du message: Publicité

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cocottinesansnicotine


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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 09:32 (2008)    Sujet du message: un autre article Répondre en citant

c'est vraiment horrible... j'en ai les larmes aux yeux. 

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raphie68800
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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 11:12 (2008)    Sujet du message: oui Répondre en citant

je trouve qu'on ce met à la place de ce que nos loulous ressentent en faites.. peut etre avec de l'exagération... enfin j'espère.., depuis que je l'ai lu, quand ma puce pleure j'y repense et la sert fort dans mes bras.... Crying or Very sad
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cocottinesansnicotine


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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 14:26 (2008)    Sujet du message: un autre article Répondre en citant

oui, moi depuis le début, j'ai jamais pu la laisser pleurer ; pourtant, j'en ai entendu autour de moi : laisse la pleurer un peu, c'est normal un bébé qui pleure...Elle est encore dans tes bras !!! Tu sauras jamais la poser, etc...
Résultat : j'ai un bébé super adorable, qui pleure pratiquement jamais, super agréable et souraiante (les gens m'arrête dans la rue pour me le dire !!! et qui est très autonome, et ne réclame les bras que pour ses petits calins, normal non ?


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:42 (2018)    Sujet du message: un autre article

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